J'étais assise sur le sol en lino un peu collant de notre cuisine, il était 2h14 du matin. Je portais un legging de grossesse avec une tache de yaourt suspecte sur le genou gauche, et je pleurais à chaudes larmes dans mon mug de café soluble décaféiné. J'étais enceinte de sept mois de Léo. Notre pitbull de 35 kilos adopté dans un refuge, Bruno, ronflait sur le tapis, à mille lieues de se douter que je m'enfonçais dans les tréfonds de Reddit au beau milieu de la nuit, en train de me convaincre qu'il allait dévorer mon futur bébé.

Internet est un endroit vraiment, vraiment affreux quand on est enceinte et qu'on a un gros chien. En gros, vous vous retrouvez face à deux camps qui vous hurlent dessus en MAJUSCULES. D'un côté, on vous dit que votre chien est une bombe à retardement et que vous êtes une mère indigne si vous osez laisser un pitbull poser les yeux sur votre bébé. De l'autre, on vous partage des photos de nouveau-nés dormant littéralement sur la tête d'un pitbull, en affirmant que ce sont des « chiens nounous » magiques qui borderont votre enfant la nuit en lui déposant un doux baiser sur le front.

Mon mari, Mark, faisait résolument partie de la seconde équipe. Il faisait preuve d'une ignorance aussi heureuse qu'incroyablement agaçante sur le sujet. Il se contentait de tapoter l'énorme tête carrée de Bruno pendant qu'on regardait Netflix en roucoulant : « Eh, mon gros bébé, tu vas être le meilleur des grands frères, hein ? » Et moi, je restais là dans mon t-shirt trop grand, submergée par les hormones et terrifiante, avec l'envie de lui balancer mon mug tiède à la figure parce que je savais très bien que ça ne serait pas aussi simple.

Comment on appelle un mélange entre un pitbull et un nouveau-né dans une petite maison avec trois chambres ? Une situation à haut risque ? Je ne sais pas, Mark l'a appelé son « pit-chou » pendant un moment, jusqu'à ce que j'interdise ce surnom parce que c'était juste trop bizarre. Bref, tout ça pour dire que j'étais terrorisée, que Mark était dans le déni le plus total, et que nous n'étions absolument pas préparés à la réalité d'introduire un petit être humain si fragile dans une maison régie par un animal très lourd et très en demande d'attention.

Le retour à la réalité avec mon pédiatre

J'ai fini par craquer et j'en ai parlé au Dr Miller lors de mon rendez-vous du 8ème mois. Elle m'a déjà vue pleurer pour tout et n'importe quoi, de mes vergetures à la peur de faire tomber le bébé dans les toilettes, alors elle m'a simplement tendu un mouchoir et m'a dit les choses franchement. Sans utiliser le charabia clinique bizarre qu'on trouve sur internet.

En gros, elle m'a expliqué que toutes ces histoires de pitbulls qui seraient des « chiens nounous » par nature, c'est n'importe quoi. Et les trucs qui disent qu'ils sont biologiquement programmés pour attaquer sans raison, c'est aussi n'importe quoi. Ce sont juste des chiens. Des chiens très costauds avec une pression de mâchoire terrifiante. Mais le vrai problème, ce n'était pas la race du chien, c'était le bruit.

Apparemment, les nouveau-nés pleurent à une fréquence ultra-aiguë — un truc de dingue pouvant atteindre 67 000 Hertz. Ça ne me parle pas du tout, sauf que c'est un peu comme si un sifflet pour chien se déclenchait en permanence dans votre salon. Le Dr Miller m'a prévenue que quand Léo serait là et qu'il pousserait ses hurlements de ptérodactyle, ça ferait grimper le taux de cortisol de Bruno et ça le ferait paniquer. Les pleurs rendent les chiens anxieux. Et un chien anxieux avec une mâchoire de la taille d'un grille-pain, c'est un mauvais cocktail. Il fallait gérer ce stress, et ne pas simplement espérer qu'une connexion magique digne d'un film Disney se crée toute seule.

Le grand incident des barrières de sécurité de 2018

Il faut qu'on parle des barrières de sécurité un instant. Mon Dieu, les barrières. Si vous pensez en avoir assez, il vous en faut trois de plus. On a acheté tellement de barrières que notre couloir ressemblait au contrôle de sécurité de l'aéroport JFK. Des barrières en bois, en métal, avec des mini-chatières intégrées sur lesquelles on trébuchait sans arrêt.

The great baby gate incident of 2018 — What Nobody Tells You About Having a Pitbull and a New Baby

Vous ne pouvez tout simplement pas les laisser seuls dans la même pièce. Jamais. Pas même pour aller faire pipi. Ni pour aller récupérer votre café dans le micro-ondes, là où vous l'avez oublié il y a trois heures. J'ai passé les quatre premiers mois de la vie de Léo à faire une chorégraphie ridicule où je posais Léo dans son couffin, enjambais une barrière, la refermais, laissais Bruno entrer dans la cuisine, enjambais une autre barrière, pour enfin m'effondrer sur le canapé. Épuisant. Vraiment.

L'idée n'est pas de punir le chien, mais de créer une vraie séparation physique pour que, lorsque le bébé se met inévitablement à hurler parce qu'il a perdu sa chaussette, le chien ne puisse pas accourir et coller son museau sur le visage du bébé pour voir ce qui se passe. Parce que le manque de sommeil rend maladroit, et qu'il arrivera un moment où vous tournerez le dos, et c'est là que les accidents arrivent.

Au fait, une fois que bébé commence à marcher ? Apprenez simplement à votre enfant à ne pas tirer les oreilles du chien et gardez-les séparés pendant que le chien mange. Ce n'est vraiment pas si compliqué. Passons.

L'équipement qui a mis fin aux jérémiades et aux cent pas

La première chose qui déclenchait l'anxiété de Bruno, c'était l'inconfort de Léo. Si Léo s'agitait et pleurnichait, Bruno se mettait à faire les cent pas. D'un bout à l'autre de la pièce, inlassablement. Il haletait. Il nous fixait avec ce regard de baleine (« whale eye ») flippant où l'on voit le blanc de ses yeux. Ça me stressait tellement que j'avais les épaules constamment crispées au niveau des oreilles.

Gear that actually stopped the pacing and whining — What Nobody Tells You About Having a Pitbull and a New Baby

J'ai très vite compris que la seule façon de garder le chien calme, c'était de garder le bébé serein. J'ai fait le tri dans les tiroirs de la commode et jeté pratiquement tout ce qui était synthétique, car la peau de Léo se couvrait sans arrêt de petites plaques rouges qui le rendaient très grognon.

J'ai acheté ce Body pour bébé en coton bio sur internet pendant la tétée de 4 heures du matin, et je vous jure que ça a complètement changé l'ambiance à la maison. Il est sans manches, ce qui était parfait parce qu'il fait une chaleur étouffante à l'étage, et le tissu est incroyablement doux. Je me souviens très bien d'être devant la table à langer, portant le même soutien-gorge d'allaitement pour le troisième jour consécutif, en train de boutonner ce body, et Léo s'est... apaisé. Le tissu ne frottait plus sur ses petites plaques d'eczéma. Il a arrêté de s'agiter. Ce qui a eu pour effet de stopper le stress de Bruno. Honnêtement, ce body a presque sauvé mon mariage et la santé mentale de mon chien. C'est de loin l'article que j'ai préféré acheter cette première année.

Vous pouvez d'ailleurs découvrir toute la collection bio de Kianao ici si votre enfant a la peau sensible comme le mien. Ça fait vraiment la différence quand on essaie de limiter au maximum les crises de larmes.

Les poussées dentaires ont été un autre cauchemar en matière de stress canin. Quand Maya (mon deuxième enfant) est née quatre ans plus tard, on a recommencé toute la danse des présentations avec le chien. Lorsqu'elle a percé sa première dent, les pleurs étaient incessants. Une petite sirène de détresse continue. Un après-midi, alors qu'elle bavait sur le tapis et que Bruno me lançait des regards inquiets depuis l'autre bout du salon, je lui ai donné l'Anneau de dentition Panda. C'est un adorable petit objet en silicone en forme de panda, très facile à nettoyer (un point essentiel quand on laisse constamment tomber les affaires là où le chien est passé). Et ça a marché, Dieu merci. Elle a mâchouillé les petites parties texturées façon bambou, elle a cessé ses cris stridents, et Bruno est parti s'endormir.

Il faut le dire, tous les produits pour bébés ne font pas des miracles. J'ai aussi acheté cette magnifique Arche d'éveil en bois pour occuper Maya dans son espace sécurisé du salon. Honnêtement ? Elle est bien, sans plus. Maya a fixé l'éléphant en bois pendant environ cinq minutes avant d'essayer de se retourner pour aller lécher le tapis. Mais son style naturel rend super bien dans notre salon, bien mieux que ces machins en plastique fluo, et au moins je pouvais l'allonger sur le dos et boire mon café en sachant qu'il y avait une barrière physique entre elle et le chien. Alors, c'est toujours une petite victoire, même si elle n'est pas exactement devenue un petit génie Montessori en s'amusant avec.

Une première rencontre bien moins dramatique que prévu

On me demande souvent comment se sont passées les présentations. Les gens espèrent toujours entendre une belle histoire où Bruno renifle doucement le siège-auto et adopte Léo comme son propre chiot. Eh bien, non.

Avant que nous rentrions de la maternité avec Léo, Mark est passé à la maison avec une petite couverture rayée que Léo avait portée. Il a laissé Bruno la sentir à quelques mètres de distance. Bruno a reniflé deux secondes, a éternué, et est parti chercher une balle de tennis. Rien d'extraordinaire.

Quand on a enfin franchi le pas de la porte, je serrais Léo fort contre moi pendant que Mark tenait fermement Bruno en laisse courte dans l'entrée. J'avais les mains moites. Je crois même que j'ai renversé un peu de mon café glacé sur ma chaussure. On est restés là, debout. On n'a pas forcé le contact. Au lieu d'essayer de créer un lien magique en collant un nourrisson sous le museau du chien, on a simplement ignoré Bruno en le laissant s'habituer au fait qu'il y avait un nouveau petit paquet bruyant dans la maison. On l'a félicité quand il s'est couché. On lui a lancé une friandise quand il a détourné le regard du bébé.

Il faut du temps. Ça prend beaucoup de temps, énormément de café et un sacré paquet de barrières de sécurité. Mais au bout d'un moment, le chien s'en moque royalement. Le bébé devient un simple meuble de plus qui, de temps en temps, laisse tomber des miettes de gâteaux.

Si vous êtes en plein dans les préparatifs pour l'arrivée d'un bébé, prenez un grand café, soufflez un bon coup, et aménagez votre intérieur pour que chacun soit à l'aise et bien séparé. Découvrez les essentiels pour bébé bio et bien pensés de Kianao pour aider votre tout-petit à rester apaisé — car un bébé calme, c'est un chien calme.

Les questions que j'ai tapées frénétiquement sur Google à 3 heures du matin

Faut-il que je me sépare de mon chien avant l'arrivée du bébé ?
Mon Dieu, par pitié, ne laissez pas les groupes de mamans sur Facebook prendre cette décision à votre place. À moins que votre chien n'ait de lourds antécédents de morsures ou fasse de la protection de ressources extrême jugée ingérable par un éducateur canin professionnel, il n'y a pas de raison d'envisager le pire. Prenez juste en main son environnement. Des barrières, des barrières, et encore des barrières.

Comment reconnaître un chien stressé ?
Ça ne passe pas toujours par des grognements ! Bruno, par exemple, se pourléchait sans cesse les babines quand il était anxieux. Bâiller sans être fatigué, se raidir comme un piquet, ou montrer le blanc de ses yeux (« œil de baleine ») sont de gros signaux d'alarme. Si vous observez cela, sortez immédiatement le chien de la pièce. N'attendez pas qu'il grogne.

Le mythe du « chien nounou », c'est vrai ?
Non. Je veux dire, mon chien est un amour et il adore dormir sous ma couette, mais les chiens restent des animaux, pas des baby-sitters. Ils n'ont pas conscience de la fragilité d'un bébé humain. Ne les laissez jamais seuls tous les deux. Sérieusement, pas même dix secondes le temps d'attraper une lingette.

Comment empêcher le chien de sauter quand je tiens le bébé ?
On a travaillé là-dessus pendant des semaines avant la naissance de Léo. Promenez-vous avec une poupée enroulée dans une couverture. Si le chien saute, tournez-lui complètement le dos et ignorez-le. Mark se sentait un peu ridicule à arpenter le salon en parlant à un poupon en plastique, mais ça a marché.

Quand mon enfant pourra-t-il jouer avec le chien ?
Tout dépend de ce qu'on entend par « jouer ». Maya a quatre ans maintenant, et elle peut lancer la balle à Bruno dans le jardin. Mais elle n'a pas le droit de lui faire de câlins, de grimper sur lui ou de le toucher pendant qu'il dort. C'est à moi de protéger le chien de mon enfant, tout autant que de protéger mon enfant du chien.